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SITES

La méconnaissance d'Internet est généralement la source de nombreuses inexactitudes et d'attentes erronées

C2SP traque et analyse les erreurs des sites Internet

La jeune société de Genève travaille par modules courts proposant soit une approche technique et fonctionnelle, soit ergonomique.

Sylvie Gardel
 
Avec ses 500 milliards de pages environ, Internet est une véritable jungle. Pour s'y retrouver, certaines sociétés ont développé des moteurs de recherche personnalisés comme le célèbre Google qui "comprend" vos requêtes. Faut-il encore pour cela que le site visité soit efficient. Et lorsque l'on sait que le temps consacré à la visite d'un site ne dépasse guère 5 minutes en moyenne, 30 secondes par page et donc de 10 pages par internaute, c'est tout de même peu pour retenir l'attention du surfeur! Pourquoi alors les visiteurs ne restent-ils pas plus longtemps? Pourquoi ne sont-ils pas plus nombreux? C'est à ces questions que la jeune société genevoise C2SP a décidé de répondre en débusquant "le Mauvais Projet Internet" (MPI).
 
Internet est une activité non limitée dans le temps. Créée en septembre 2000 par Olivier Wiener, C2SP pour Conseil, Stratégie, Solution, Projet, est en fait le médecin des sites web. En utilisant différents outils informatiques (des matrices de données sur Excel, des robots, la méthode Jacob Nielsen, etc.), C2SP radiographie en quelque sorte les sites et établit un diagnostic détaillé tant du point de vue de la qualité de leurs liens, que de leur fonctionnalité et de leur ergonomie. "L'idée de lancer ma propre affaire est née de la mauvaise approche générale d'Internet. La plupart des entreprises conçoivent leurs sites comme des projets uniques et limités dans le temps. Or, au contraire, Internet est une activité continue dans le temps", explique le fondateur de C2SP, diplômé de l'école des Hautes Etudes Commerciales de Saint-Gall, ancien analyste chez Hewlett Packard, puis consultant Internet pour le compte de PriceWaterHouseCoopers.
 
Absence de stratégie avant la conception Partant de ce postulat, le Mauvais Projet Internet se caractérise par des erreurs fondamentales et récurrentes telles que: la planification, la réalisation, les attentes de la société et le projet considéré, à tort, comme unique et limité. "La plupart du temps, les problèmes viennent des négligences sur le processus, le contenu et la culture Internet", explique Olivier Wiener. En un mot, construire son site Web n'est de loin pas à la portée du premier venu. C'est un travail de professionnels! En effet, dès la planification du site web, les erreurs surgissent. Souvent conçue dans l'urgence, la conception aboutit généralement à développer le site avant même d'avoir élaboré la stratégie dans laquelle il s'inscrit. Quant à la réalisation même du site, les scories relèvent directement de l'absence de précision dans les accords entre la société et l'agence de création, des stratégies et des attentes volatiles, des responsabilités insuffisamment définies et de la mauvaise communication interne entre les membres impliqués dans ce processus. Un site Internet ne réduit pas le temps de travail!
 
Mais finalement, ce sont certainement davantage les "fausses" attentes de la société qui trahissent un MPI. "Les entreprises s'imaginent qu'un site Internet va réduire leur masse de travail à court terme; or c'est exactement le contraire puisque l'informatisation des systèmes et des processus génère des tâches supplémentaires qui requièrent, par conséquent, de nouvelles ressources puisque les processus classiques sont conservés!" Et la méconnaissance générale d'Internet aboutit souvent à ce que les entreprises s'attendent à toucher l'audience-cible dès le premier jour, allant jusqu'à présumer de la clarté du contenu de leur site ou de l'immuabilité de leurs données. "La majorité des sociétés croient que satisfaire les besoins seulement des clients, en terme d'informations, est suffisant. Or souvent ces mêmes entreprises ont des fournisseurs, des investisseurs, etc. qui ne sont pas du tout englobés dans le processus".
 
C2SP a déjà scanné plus d'une centaine de sites En résumé, et contrairement à l'idée reçue, la construction d'un site web n'est pas une opération à bon marché, qui ne requiert aucune maintenance ni ressources internes. Un site ne peut survivre que s'il est réalisé par des professionnels, planifié avec soin, supporté par une stratégie claire, facile d'utilisation, avec un contenu de qualité, fréquemment mis à jour, visible dans les moteurs de recherche et, technologiquement, compatible avec les browsers existants. Comme parfois seuls certains de ces points sont déficients, C2SP, qui emploie actuellement deux personnes, propose et travaille par modules courts, de 5 jours environ, selon les besoins: soit par une approche technique et fonctionnelle (dite approche heuristique), soit par une approche centrée sur les besoins des utilisateurs (ergonomie du site: informations, images, transactions, etc.). En matière de comparaison, C2SP peut en plus s'appuyer sur une large palette de sites déjà "scannés", plus d'une centaine depuis septembre, un scan s'effectuant entre 5 minutes et 6 heures en fonction des cibles à identifier.
 
Après cette étape du scannage, C2SP dresse plusieurs bilans (interne, à l'agence de création et une offre de prix). Dans le cadre d'une approche à plus long terme, le rescannage est indispensable de même qu'un comparatif avec le secteur concerné. En ce sens, la démarche de C2SP s'apparente à celle d'un conseil-consultant pour l'optimisation et l'efficience de sites. Les secteurs visés par la société genevoise regroupent principalement les petites et moyennes entreprises de plus de 25 personnes, situées en Suisse romande. Jusqu'à présent, C2SP s'est plus particulièrement intéressée aux secteurs de la banque, de l'assurance, de l'hôtellerie, de la régie immobilière, du transport, des cigaristes et des chasseurs de têtes. Car qu'il soit de petite ou de grande taille, les erreurs sont au fonctionnement d'un site web ce qu'est le réseau à la téléphonie mobile! La réussite ne tient parfois qu'à un fil.