Sites entièrement en flash:
chronique d’une mort annoncée
Mises à jour difficiles, référencement aléatoire, données statistiques inexistantes limitent l’utilisation de cette technologie.
Olivier Wiener (*)
Quantité de développeurs reviennent à la technologie html ou php en raison des nombreuses limitations de la technologie Flash. Si même l’éditeur de ce produit (Macromedia) l’a abandonné pour son propre site, c’est que certains problèmes s’avèrent insurmontables. Comme, par exemple, le référencement sur les moteurs de recherche, qui demeure très difficile. Autant faire un 100 mètres avec des chaussures de ski! Faites un essai avec Google, cherchez « Marcomedia Flash Forum », vous ne trouverez que des sites n’utilisant pas cette technologie, mais parlant du sujet…
Economiquement peu efficient
Au rang des désagréments technologiques qui ont ramenés les développeurs vers des technologies plus classique, la difficulté de faire le tri entre ce qui a été vu et ce qui ne l’a pas été. Il est en effet quasi impossible d’obtenir des informations sur l’activité de l’utilisateur à l’intérieur d’une application Flash (lire également « L’Agefi » du 5 juillet 2005). Un peu comme pour une brochure en papier. Si vous savez combien d’exemplaires ont été distribués, vous ignorez totalement en revanche s’ils ont été ouverts, à quelles pages, par combien de personnes et combien de temps les lecteurs y ont consacré. Dommage puisque c’est là l’un des principaux avantages du web par rapport au format papier.
Ensuite, la facilité d’utilisation n’est pas toujours au rendez-vous. En adoptant des iconographies non standard ou des méthodes de navigations « mystérieuses », les développeurs oublient une règle simple : l’internaute a développé des réflexes sur d’autres sites. Il tente à chaque fois de répliquer ces acquis. Si ceux-ci ne servent à rien, il aura plutôt tendance à abandonner ou aller voir ailleurs plutôt qu’à perdre du temps. Conséquence : un client de perdu. Sans oublier les problèmes liés à l’impression de documents en Flash ou à ceux reliés à l’accessibilité (lire à ce propos « L’Agefi » du 11mai 2005).
Enfin, il n’est pas toujours aisé de mettre à jour le contenu d’un site en Flash. Changez une image ou un paragraphe et tout est à refaire. Economiquement parlant, ce n’est donc pas forcément la meilleure solution. Nombreux sont ceux qui l’ont compris, à leurs frais !
Prisée et utile pour les médias « riches »
Mais alors, à quoi peut bien servir cette technologie ou pour quel type d’application peut-elle être utilisée avec succès ? De manière générale, dans tous les applicatifs où l’utilisateur ne doit avoir qu’un contrôle modéré ou une interaction très limitée et dont l’environnement informatique est maîtrisé, comme par exemple une salle de formation. L’e-learning ou la démonstration d’utilisation d’appareils complexes sont particulièrement efficaces lorsque cette technologie est employée.
C’est aussi le cas pour les médias dit riches (son et vidéo). Elle permet, étrangement, de résoudre le problème du format audio ou vidéo auquel nombre de développeurs sont confrontés, puisque celui-ci est directement intégré au niveau de l’outil de développement. Et Macromedia annonce une intégration encore meilleure pour sa version 8. Pour l’utilisateur, plus de problèmes de compatibilité. A part, bien entendu, s’il l’a désactivée, ce qui n’est le cas que pour 2% des PC. Encore que cette proportion pourrait progresser étant donné l’utilisation abusive d’inserts publicitaires intrusifs, souvent difficiles à supprimer ou à fermer.
Ressources et liens à propos de cet article
Site macromedia en html
Recherche Google sur les forums parlant de la technologie Flash
Un exemple de forum sur le Flash en Php
Un exemple de d'outil d'E-learning en Flash
Version 8 de Flash: la démo de Macromedia sur l'intégration de vidéo ou de sons
(*) Fondateur de C2SP, Genève, www.c2sp.com.
Retrouvez chaque mois cette rubrique consacrée à l’évolution de l’informatique et d’internet.
Cet article a été publié en partie dans le quotidien suisse « L’Agefi », le lundi 3 octobre 2005.
Site internet : www.agefi.ch
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