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Statistiques web: comment utiliser les données chiffrées ?

S’il existe une pléthore d’outils de mesure, la plupart doivent être considérés avec prudence et utilisés en complémentarité.


Olivier Wiener (*)

C’est bien connu. On ne peut contrôler et améliorer que ce qu’on peut mesurer. Dans le domaine internet, ce dicton ne se vérifie pas forcément. Car, si une pléthore d’outils d’évaluation existe, la question de leur utilité et de leur utilisation demeure. Sans oublier que, pour que ceux-ci puissent correctement fonctionner, il faut aussi avoir auparavant choisi la bonne technologie. Avec le système Flash par exemple, il sera en effet nettement plus difficile d’obtenir des mesures exactes à moins d’avoir développé soi-même les outils nécessaires. Par contre, en recourant à des technologies plus simples telles que html ou php, le champ des possibilités s’élargit puisque certains éditeurs de logiciels proposent des outils «clés en main», sans parler bien entendu des outils «open source».

Une fois ces outils mis en place, vous pouvez observer, en temps réel parfois, les résultats de vos efforts de communications ou de marketing. La mesure la plus communément utilisée dans ce domaine est le «visiteur unique» qui correspond, en somme, à un internaute. Plus ce nombre sera élevé, plus il y aura de trafic sur le site web. Le monde informatique n’étant jamais simple, il faut encore se méfier de cette donnée.

Attention à la provenance géographique des visites.

Malheureusement, moteurs de recherche et autres robots sont eux aussi considérés comme des visiteurs uniques. Et, comme ils «regardent» toutes les pages, ce trafic-là peut être important et, par conséquent, peu représentatif. On prendra donc soin d’éliminer ces chiffres des statistiques tout en contrôlant de manière régulière quels moteurs scannent le site et à quelle fréquence. L’autre élément important dont il faut tenir compte relève de la provenance géographique des visites. La plupart des solutions proposent une visualisation par pays, voire même par Etats. Là aussi, ce genre de données doit être considéré avec prudence. En effet, un fournisseur d’accès européen peut tout à fait faire passer l’ensemble de son trafic par un seul pays, et ainsi travestir des visites françaises ou allemandes comme étant anglaises. Le cas s’est présenté avec AOL aux Etats-Unis, où toutes les visites étaient comptabilisées comme provenant de Virginie. Quand 25% du trafic est généré par un tel fournisseur, les données sont considérablement faussées!

Il en va de même pour tous les autres types de données statistiques. Quelle conclusion peut-on en effet tirer d’une information comme «les internautes passent 3minutes 12 seconde sur telle page»?Qu’il y a trop de texte? Que ce texte est trop compliqué? Que les internautes font probablement autre chose sur une autre application? Qu’ils ouvrent plusieurs fenêtres et les consultent «à bien plaire»? Impossible dès lors de prendre sérieusement une décision sur ces seuls éléments.

Sans ventes, un important trafic n’a pas d’intérêt.

C’est ainsi que sont apparus d’autres systèmes de mesure, plus qualitatives, celles-ci. En général, ce sont de mini formulaires placés en bas de page demandant l’avis de l’internaute sur l’utilité ou la qualité des informations proposées. De nombreux forums et autres éditeurs de logiciels utilisent ces outils, qui, couplés aux données statistiques, permettent une analyse plus fine et une prise de décision plus appropriée. Cette manière de procéder est la plus réaliste, même si elle n’est pas forcément très représentative de l’avis général des internautes (il est heureux qu’on ne soit pas forcé de donner son avis). Quoi qu’il en soit, ce nouvel instrument d’évaluation démontre qu’une prise de conscience s’est opérée et que certaines sociétés tentent réellement «d’écouter» leurs clients ou visiteurs, en tirant par-là même certaines conclusions sur les styles, leur clarté et leur pertinence.

En définitive, ces mesures n’en demeurent pas moins qu’un élément parmi d’autres dont il faut tenir compte dans la création et la gestion d’un site internet. Il va de soi aussi qu’un important trafic n’a aucun intérêt s’il n’est pas synonyme de ventes par exemple. Ainsi ceux qui tentaient de «racoler» l’internaute à tout prix se sont vite aperçus de l’inutilité de la démarche, et on voit aujourd’hui que les sites «sérieux» se concentrent sur des contenus de plus en plus précis, évitant ainsi d’être «zappés» dans la seconde…



Ressources

Outils:

Analog
Awstats
Webtrends

Statistiques et geographie

Geo-targeting


Aol ISP market share:

zimdesign.com

Avis des internautes:

Exemple: Computer Associates
Exemple: Microsoft
Exemple: 15 seconds


(*) Fondateur de C2SP, Genève, www.c2sp.com.
Retrouvez chaque mois cette rubrique consacrée à l’évolution de l’informatique et d’internet.

Cet article a été publié en partie dans le quotidien suisse « L’Agefi », le mercredi 14 juin 2005.

Site internet : www.agefi.ch